Le tourisme à la recherche de saisonniers
Ils sont 18 000 en Haute-Savoie à posséder le statut de saisonniers.
Mais quelles sont les particularités de ce statut ?
Le contrat de travail du saisonnier reprend celui du contrat à durée déterminée classique, mais peut être renouvelé, du fait de la saisonnalité des missions.
Ainsi le salarié doit travailler au minimum 6 mois, au cours des 22 derniers mois, pour avoir droit aux Assedic.
Un statut qu'il peut conserver pendant plusieurs années, mais qui demeure précaire, vu les aléas conjoncturels et climatiques.
C'est le tourisme qui recrute en majorité les saisonniers. La restauration et l'hôtellerie, ainsi que les remontées mécaniques et le commerce sont très demandeurs de ces personnels saisonniers, qui en Haute-Savoie ont la chance de travailler en hiver pendant la saison de ski, mais aussi en été de juin à octobre... Un nombre de mois suffisant qui permet de fidéliser ces travailleurs, qui peuvent s'installer dans la région et améliorer leurs qualifications, puisque d'une année sur l'autre, ils peuvent retrouver le même employeur.
Ils peuvent se former durant les intersaisons, soit dans un centre de formation aux métiers de l'hôtellerie à Chambéry, soit dans le cadre d'un groupement d'employeurs (contrat de qualification).
Selon une étude menée dans les Aravis (La Clusaz, Grand Bornand, Manigod, Thônes... ) le profil type est celui d'un homme de moins de 28 ans, qui reste en moyenne trois saisons.
Après ce laps de temps, il aura soit envie de trouver un travail plus stable en Haute-Savoie ou ailleurs, soit il aura réussi à passer du statut de saisonnier à celui de pluriactif (avec une autre activité sous un statut d'indépendant, ou avec un autre employeur) alliant l'activité de sport d'hiver à par exemple celle du bâtiment.
Le plus gros problème auquel sont confrontés les saisonniers est celui du logement.
Pour le saisonnier, qui n'a pas d'attaches familiales en Haute-Savoie, trouver un logement est un véritable casse-tête, vu le montant des loyers proposés dans les zones touristiques. Aussi a-t-on vu des saisonniers loger dans des caravanes, dans des studios exigus et sans confort, ou bien payer des prix exorbitants par rapport à leurs salaires.
Si certains employeurs logent leurs saisonniers, ce qui leur permet de les fidéliser, ce problème crucial, qui nuit à l'image du département, commence enfin à être pris en compte.
Depuis peu une maison des saisonniers a été créée dans le Chablais, où ceux-ci peuvent collecter de nombreux renseignements sur leurs droits, les débouchés, les salaires... Et très récemment Chamonix (2500 saisonniers, dont 1 200 extérieurs à la vallée, logés pour 50 % d'entre eux par leurs employeurs) vient de montrer l'exemple en s'organisant pour créer 80 logements pour cette population. 80 logements pour 600 salariés saisonniers, c'est peu mais c'est le début d'une prise de conscience. La commune a créé une SEM (société d'économie mixte), Chamonix logement, qui porte le projet.
Avec onze partenaires, dont le Cilse (organisme du 1 % logement) et 8 employeurs privés dont la société de remontées mécaniques Compagnie du Mont-Blanc. Chamonix logement mettra à leur disposition des studios à l'année, avec des loyers équivalents à ceux des logements sociaux.
Un projet de 2.7 millions d'euros pour lequel se sont également impliqués le Conseil Général et Régional, l'Etat, le Cilse et la Caisse des Dépôts.
Une opération pilote qui devrait faire des émules dans d'autres stations de Haute-Savoie comme Morzine ou la Clusaz.
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